Nouvelle démonstration de force sur le marché de l’intelligence artificielle : Advanced Machine Intelligence (AMI), la startup lancée par le français Yann LeCun (ex patron de la recherche en IA chez Meta) a bouclé un tour de table de 1,03 milliard de dollars, sur la base d’une valorisation « pré-money » de 3,5 milliards. L’objectif affiché par AMI est de développer une nouvelle génération d’IA capable de raisonner, planifier et interagir avec le monde physique (ce que l’on appelle une IA « World Model »), là où les modèles génératifs actuels restent principalement focalisés sur la prédiction statistique.
Une approche centrée sur les “world models”
AMI mise sur des architectures dites de modèles du monde, conçues pour apprendre à partir de données issues de la réalité (vidéo, capteurs, signaux multimodaux) et pour construire des représentations utiles à la prise de décision. L’idée est d’aller au-delà des assistants conversationnels et de bâtir des systèmes plus autonomes, capables d’anticiper les conséquences d’une action et de s’adapter à des environnements complexes.

Investisseurs internationaux et ambitions industrielles
Un consortium de fonds et d’industriels
Le tour de financement est co-dirigé par Cathay Innovation, Greycroft, Hiro Capital, HV Capital et Bezos Expeditions, avec la participation de nombreux acteurs technologiques et financiers, dont NVIDIA, Samsung, Temasek ou Toyota Ventures. L’entreprise vise en priorité des secteurs où le raisonnement et la sûreté comptent : industrie, automobile, aéronautique, biotechnologies et pharmacie.
Une feuille de route “recherche” plutôt que produit
AMI est dirigée par Alexandre LeBrun et opère depuis Paris avec des équipes annoncées à New York, Montréal et Singapour. La société prévoit d’investir massivement dans le calcul et le recrutement, tout en promettant une démarche proche de l’académique, avec des publications régulières et une part de code ouverte. Un positionnement qui pourrait devenir l’un des marqueurs de la prochaine course à l’IA “incarnée”, entre robots, capteurs et edge computing.
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