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Les députés grecs ont adopté un projet de loi visant à interdire l’utilisation des logiciels espions à l’issue de débats houleux sur fond de scandale des écoutes qui éclabousse le gouvernement.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, sous pression après des révélations sur la surveillance d’hommes politiques et de journalistes via le logiciel espion Predator, a assuré que l’objectif du projet de loi était de réparer des erreurs dans le fonctionnement du Renseignement.
À la tribune du Parlement (Vouli), le Premier ministre avait expliqué que le projet de loi prévoyait la modernisation du fonctionnement des services du renseignement et de la protection des communications, ainsi que l’interdiction de l’utilisation des logiciels malveillants par tout particulier. S’en est suivi une passe d’armes avec son prédécesseur au poste de chef de gouvernement et actuel chef de l’opposition, Alexis Tsipras, qui le pressait de démentir des révélations de la presse selon lesquelles le chef d’état-major des armées et des ministres ont fait l’objet d’une surveillance.
Le scandale des écoutes en Grèce a véritablement éclaté durant l’été quand le député européen Nikos Androulakis, chef du parti socialiste grec (Pasok-Kinal), a révélé que son téléphone portable avait fait l’objet d’une tentative d’infiltration par le logiciel Predator. En début d’année, deux journalistes d’investigation avaient déjà saisi la justice affirmant avoir été surveillés. Kyriakos Mitsotakis, qui a admis la surveillance de Nikos Androulakis, a démenti le recours au logiciel Predator et renvoyé l’affaire à la justice.
Le parti de la gauche radicale d’Alexis Tsipras, Syriza, accuse depuis des mois le gouvernement de couvrir ce retentissant scandale et le texte du projet de loi ne dispose pas « de garanties suffisantes eu égard au respect des règles démocratiques, de transparence », selon lui.
Des députés de l’opposition ont également fait référence vendredi à des révélations du New York Times selon lesquelles le ministère grec des Affaires étrangères avait autorisé la société Intellexa, qui commercialise Predator et dispose de locaux en Grèce, à exporter le logiciel à Madagascar. « Le Premier ministre n’était-il pas au courant de cette autorisation? », a demandé Yannis Ragoussis, député de Syriza.
SOURCEAFP
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