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Jensen Huang, le patron de Nvidia, estime que l’intelligence artificielle va transformer l’ensemble des secteurs économiques. En déplacement en Suède, Jensen Huang a appelé l’Europe à développer sa propre infrastructure d’IA, alors que son groupe affirme avoir investi 8 milliards de dollars pour l’intelligence artificielle en Europe en un an.

« Chaque entreprise sera un jour une entreprise d’IA. Chaque secteur sera impacté par l’IA », a déclaré Jensen Huang à l’AFP lors du lancement de Sferical One, un superordinateur suédois équipé de puces Nvidia. Le système doit permettre à la Suède de conserver sur son territoire ses données sensibles et son expertise, un enjeu qui prend de l’importance à mesure que les entreprises et les États cherchent à maîtriser leurs infrastructures numériques.
Dans cette vision, l’intelligence artificielle doit progressivement s’intégrer aux activités des entreprises, des outils logiciels aux services spécialisés. Jensen Huang défend notamment l’essor d’agents capables d’utiliser des logiciels et d’accomplir des tâches pour le compte de leurs utilisateurs. Il prédit que les éditeurs de logiciels proposeront aussi des agents spécialisés et pas seulement des outils numériques. Cette évolution pourrait élargir le marché du logiciel, tout en changeant la façon dont les entreprises organisent le travail.
Pour Jensen Huang, l’Europe doit développer l’ensemble de la chaîne technologique depuis les data centers jusqu’aux modèles d’IA et aux applications. Il a précisé que Nvidia avait investi 8 milliards de dollars en Europe au cours des 12 derniers mois, ajoutant que « nous avons encore quelques milliards de dollars en préparation ». Parmi les entreprises figurent Nscale, spécialiste britannique des data centers et du cloud pour l’IA, et Nebius, fournisseur néerlandais de services cloud.
Cette stratégie s’inscrit dans une compétition internationale autour de la capacité de calcul, des données et des services d’IA. Nvidia fournit les puces qui alimentent une grande partie des infrastructures actuelles, ce qui place le groupe au centre de leur développement. L’entreprise a donc intérêt à voir émerger davantage de data centers et de clients capables de déployer ces technologies. L’investissement témoigne de cette ambition, sans signifier que l’Europe dispose déjà d’une autonomie technologique complète. « Nous aidons l’Europe à créer l’écosystème de l’IA », a-t-il encore dit.
L’optimisme du dirigeant intervient alors que les conséquences de l’IA sur l’emploi, la sécurité et les investissements font débat. Jensen Huang insiste sur les gains économiques potentiels et la création d’un écosystème industriel, tandis que d’autres responsables du secteur réclament davantage de garde-fous face à la progression rapide des systèmes d’intelligence artificielle. Les dirigeants technologiques restent divisés sur le rythme de développement de cette technologie et sur la nécessité de renforcer les règles de sécurité.
La déclaration de Jensen Huang résume ainsi la stratégie de Nvidia : faire de l’IA une infrastructure aussi centrale que l’informatique l’est devenue pour les entreprises, tout en accélérant la demande en matériel et en puissance de calcul. Reste à savoir comment les organisations adopteront ces outils, quels gains elles en tireront réellement et comment elles géreront les risques associés.
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