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À la suite de l’arrêt Roe v. Wade, en lien direct avec le droit à l’avortement aux États-Unis, Google a pris la décision de supprimer les données sur les visites aux cliniques d’avortement.

« Si nos systèmes identifient qu’une personne s’est rendue dans un établissement (sensible), nous supprimerons ces entrées de l’historique de localisation peu après leur visite », a déclaré Jen Fitzpatrick, une vice-présidente de Google.
Des élus démocrates et associations de défense des droits humains craignent que les informations personnelles de femmes qui ont avorté ou d’individus qui les auraient aidées ne soient retenues contre eux par les procureurs d’États conservateurs ayant interdit l’IVG. Ils appellent donc depuis des semaines les grandes plateformes technologiques à ne plus conserver autant de données personnelles, des recherches en ligne sur l’avortement aux déplacements sur les applications comme Google Maps.
La cadre de Google rappelle que l’historique de localisation est désactivé par défaut et que les utilisateurs peuvent contrôler ce qui est conservé ou non. En ce qui concerne les requêtes des autorités, elle assure aussi que Google a l’habitude de les « repousser quand elles sont trop extensives ». « Nous prenons en compte les attentes en matière de confidentialité et de sécurité des personnes qui utilisent nos produits, et nous les prévenons quand nous accédons à des demandes du gouvernement, à moins que des vies soient en jeu », ajoute-t-elle.
Parmi les établissements sensibles concernés par la décision, Google inclut les centres d’hébergement en cas de violence domestique, les cliniques spécialisées dans la perte de poids ou encore les centres de désintoxication.
Certaines lois adoptées avant même l’arrêt de la Cour suprême, comme au Texas en septembre, encouragent de simples citoyens à lancer des poursuites contre des femmes soupçonnées d’avoir avorté ou des personnes les ayant aidées – même un chauffeur Uber qui les aurait emmenées à la clinique, par exemple. Les technologies de Google risquent donc de devenir « des outils pour les extrémistes qui veulent réprimer les personnes en quête de soins de santé liés à la reproduction », ont écrit 42 élus américains dans une lettre ouverte, adressée fin mai à Sundar Pichai, dirigeant de Google. « Car Google conserve des informations sur l’emplacement géographique de centaines de millions d’utilisateurs de smartphones, qu’il partage régulièrement avec des agences gouvernementales », ont-ils détaillé.
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