Ne manquez plus aucune de nos publications :
La Chine veut ajouter douze technologies de fabrication photovoltaïque à son catalogue des exportations interdites ou restreintes. Le projet vise aussi bien les cellules pérovskites et tandem que certaines méthodes de production du polysilicium, avec un enjeu qui dépasse largement les panneaux solaires : Pékin entend conserver la maîtrise de procédés industriels devenus stratégiques.

Le texte présenté par le ministère chinois du Commerce ne prévoit pas de bloquer l’expédition de tous les modules photovoltaïques fabriqués dans le pays. Il s’intéresse aux savoir-faire permettant d’en produire, autrement dit aux recettes industrielles, aux équipements spécialisés et aux paramètres techniques qu’un fabricant pourrait transférer à une usine située à l’étranger. Cette distinction est essentielle : la Chine resterait en mesure de vendre ses produits, tout en contrôlant plus étroitement la reproduction de ses chaînes de production hors de ses frontières.
Parmi les technologies susceptibles d’être interdites à l’export figurent celles servant à fabriquer certaines tranches de silicium très fines, des cellules à pérovskite, des architectures tandem associant plusieurs matériaux et des installations de production de polysilicium en lit fluidisé à grande échelle. La pérovskite attire l’attention parce qu’elle pourrait améliorer le rendement des cellules et réduire certains coûts. Une cellule tandem superpose généralement une couche de pérovskite à une cellule en silicium afin de capter une portion plus large du spectre lumineux.
Le lit fluidisé concerne une étape plus en amont. Cette méthode peut produire le polysilicium granulaire avec moins d’énergie que le procédé Siemens dominant. Elle intéresse donc les industriels qui cherchent à réduire le coût et l’empreinte énergétique de la matière première utilisée ensuite pour fabriquer les lingots et les plaquettes de silicium.
D’autres familles ne seraient pas totalement interdites. Les technologies de cellules TOPCon, HJT et XBC entreraient dans une catégorie soumise à autorisation. TOPCon ajoute une couche d’oxyde ultrafine et un contact passivé pour limiter les pertes électriques. HJT combine du silicium cristallin et des couches minces de silicium amorphe. XBC regroupe des architectures dans lesquelles les contacts électriques sont déplacés à l’arrière de la cellule pour libérer la face exposée à la lumière.
Dans les trois cas, la décision ne signifie donc pas nécessairement l’arrêt d’un projet étranger. Elle donnerait cependant à l’administration chinoise un droit de regard sur le transfert du procédé, les partenaires concernés et les usages prévus. Une licence peut être accordée, refusée ou assortie de conditions. Ce pouvoir est particulièrement sensible pour les pays qui souhaitent créer une filière locale tout en dépendant encore d’équipements, d’ingénieurs ou de licences venus de Chine.
Pékin justifie sa démarche par des risques de dissémination incontrôlée et par l’emploi croissant de technologies solaires dans l’aérospatial et la défense. L’argument de sécurité nationale rapproche le photovoltaïque de secteurs déjà soumis à une surveillance renforcée. Dans un volet parallèle, 23 technologies d’intelligence artificielle sont également visées par le même chantier réglementaire.
La Chine domine plusieurs maillons de la chaîne solaire mondiale, du polysilicium aux cellules et modules. Pour ses concurrents, importer des panneaux chinois permet d’installer rapidement de nouvelles capacités à bas coût. Reproduire les procédés sur leur propre territoire répond à un autre objectif : réduire la dépendance, sécuriser les approvisionnements et capter les emplois industriels associés. Les futures restrictions touchent précisément ce second mouvement.
L’Inde a déjà été confrontée à des limitations chinoises sur des technologies de fabrication solaire alors qu’elle cherche à développer ses capacités nationales. Aux États-Unis, des groupes préparent eux aussi de nouvelles usines. Une autorisation plus difficile à obtenir pourrait obliger ces acteurs à développer leurs propres procédés, à choisir des technologies moins avancées ou à se tourner vers des partenaires non chinois, avec un coût et un calendrier potentiellement plus élevés.
Cette offensive ne doit pas être confondue avec une fermeture complète du marché. La Chine a intérêt à maintenir les exportations de ses fabricants, confrontés à une concurrence intense et à des surcapacités. Le projet cherche plutôt à séparer la vente de produits finis de la diffusion du savoir-faire qui permettrait à de nouveaux rivaux de les fabriquer. Cette logique rappelle que la transition énergétique repose autant sur la propriété intellectuelle et les équipements de production que sur la ressource solaire elle-même.
Les exportateurs doivent dès à présent enregistrer certains transferts de technologie à l’étranger en attendant la version définitive du catalogue. La consultation publique reste ouverte jusqu’au 15 novembre 2026 ; les douze mesures photovoltaïques peuvent donc encore être modifiées avant leur adoption formelle.
Meta a retiré de ses futures conditions commerciales une phrase qui paraissait lui accorder un droit très large sur les contenus des sites...
Une fuite de données chez Educational Testing Service (ETS), prestataire du ministère californien de l’Éducation, touche les...
La Chine veut placer 23 technologies d’intelligence artificielle sous contrôle à l’exportation, des grands modèles aux...
Le robot autonome DALE a déjà percé plus de 385 000 trous dans du béton sur de vrais chantiers de data centers, avec une...
La dernière mise à jour de Nvidia App active par défaut un serveur permettant à des agents IA de contrôler certaines...
17 Oct. 2026 • 20:47