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Le Comité européen de la protection des données (EDPB) demande aux fabricants de lunettes connectées de signaler clairement chaque prise de photo, enregistrement vidéo ou capture audio. Sa recommandation intervient alors que les usages détournés de ces appareils suscitent une inquiétude croissante en Europe.

Pour Anu Talus, présidente de l’EDPB, les lunettes connectées doivent rendre leurs fonctions d’enregistrement immédiatement perceptibles. Le régulateur évoque plusieurs solutions :
Ces avertissements doivent être « fiables, difficiles à ignorer et toujours à jour », insiste la présidente de l’EDPB.
Le problème tient à l’apparence de ces produits. À la différence d’un smartphone tenu à la main, une paire de lunettes connectées équipée d’une caméra peut filmer sans attirer immédiatement l’attention. Les Ray-Ban Meta par exemple disposent déjà d’un voyant qui clignote pendant la capture d’une photo ou d’une vidéo. Mais la présence de cet indicateur ne garantit pas que les personnes autour du porteur le remarquent. Un rapport allemand a notamment critiqué sa visibilité limitée en extérieur et en plein soleil.
Il faut savoir que l’avis de l’EDPB n’est pas contraignant. Il fournit des premières orientations aux utilisateurs, aux fabricants et aux fournisseurs de services, tout en encourageant l’adoption de normes communes. Le comité souligne que les risques sont particulièrement importants dans les écoles, les hôpitaux et les lieux de travail, ainsi que pour les enfants, qu’ils portent eux-mêmes ces lunettes ou qu’ils soient filmés.
La demande intervient après plusieurs signalements de captations réalisées sans consentement. En France, l’association e-Enfance a rapporté avoir reçu une vingtaine de signalements de femmes filmées avec des lunettes connectées, certaines vidéos étant ensuite publiées sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris a ouvert des enquêtes liées à des plaintes. Ces pratiques alimentent les inquiétudes concernant le harcèlement et la diffusion d’images sans autorisation.
Les réactions dépassent en tout cas la France. En Norvège, le gouvernement a annoncé début octobre vouloir interdire temporairement l’utilisation de lunettes connectées dans certains lieux publics, notamment les écoles, les établissements de santé et les centres commerciaux. Aux Pays-Bas et en Belgique, l’enseigne d’optique Hans Anders a suspendu la vente des lunettes Ray-Ban Meta, invoquant les préoccupations liées à la vie privée.
L’EDPB rappelle enfin que les obligations liées au RGPD dépendent de l’utilisation des données. Une publication sur un compte public ou un usage professionnel peut notamment faire de l’utilisateur un responsable du traitement, avec les obligations correspondantes. L’exception applicable aux activités strictement personnelles ne couvre pas tous les usages : d’autres règles, notamment civiles, pénales ou liées au droit du travail, peuvent également s’appliquer.
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