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[Critique] Mad Max Fury Road : une mise en scène impeccable au service d’un trip total et esthétisant

Attention : la critique qui suit contient quelques spoilers, qui dans le cas de ce Mad Max ne gâchent rien étant donné que le film vaut énormément pour les sensations qu’il procure…

Mad Mad : Fury Road n’a rien d’un Blockbuster ordinaire, ce qui explique sans doute la masse de critiques qui semblent voir bien plus (trop ?) dans ce film que ce qu’il montre à voir précisément, alors que c’est pourtant cela qui reste le plus intéressant à analyser. Passons rapidement sur le scénario du film, qui ne remportera aucune Palme : Max (Tom Hardy) est fait prisonnier par une tribu de fous sectaires composée de WarBoys, et doit servir de Globular, c’est à dire de fournisseur de sang pour les allumés du coin qui semblent en manquer, de sang (mais aussi d’un cerveau au passage). Le film commence lorsque Max rejoint Furiosa, une impératrice de la tribu des WarBoys qui a renié sa tribu et a décidé de délivrer 4 jeunes femmes de leur statut de « pondeuses » au seul service du super mâle dominant, le très méchant Immortan Joe. Voilà pour le cadre, qui n’est en fait qu’un prétexte, comme on s’en apercevra très vite.

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Les WarBoys eux-même s’enivrent de cette chevauchée fantastique…

Un trip cinétique troué d’éclairs de beauté pure

Car la « grosse » partie de ce Mad Max, ce qui fait tout son intérêt, est la poursuite de près de 2 heures qui suit l’évasion de Max, et qui fait osciller le spectateur entre deux états qui sont la plupart du temps opposés dans le cinéma moderne : un trip presque cinétique généré par des scènes d’action filmées au cordeau, et la contemplation de plans d’une beauté esthétisante à couper le souffle. Ainsi, durant presque tout le film, les émotions valdingueront en permanence de morceaux de bravoure filmés comme en état de transe à des séquences (parfois au coeur même de passages bien nerveux) qui apparaissent comme des trouées de beauté pure au milieu de la folie furieuse; et le plus incroyable, c’est que la mise en scène de Miller parvient à faire une jonction invisible entre ces deux modes de représentation cinématographiques.

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Fury Road est traversé de flashs de beauté pure; ici l’entrée des deux convois dans l’orage de sable

Ainsi, dans l’une des scènes clefs du film, le camion de Furiosa est poursuivi par le convoi des WarBoys jusqu’aux limites d’un orage des sables. Nux, l’un de ces WarBoys « esthète » joué par un très bon Nicholas Hoult, semble s’éveiller à la conscience devant la beauté du spectacle de cette gigantesque masse de sable tournoyante; Miller lui fait dire alors ce que le spectateur lui-même a envie de s’exclamer (ou quelque chose d’approchant) : « Quelle merveilleuse journée !« . La beauté est aussi dans le ballet des WarBoys au bout de leurs perches accrochées aux véhicules (on pense au Cirque du Soleil), et qui se penchent jusqu’à l’enivrement pour se saisir des « pondeuses » à l’intérieur du camion de Furiosa.

Mad Max, un film « Chrome »

Malgré le nihilisme du monde décrit par Miller, malgré le degré zéro d’intelligence qui caractérise les WarBoys, malgré l’état de survie permanent qui transforme les femmes en rebelles impitoyables, malgré encore les éructations primaires d’un Max revenu à l’état d’animal humain, le film de Miller court sans cesse après la beauté, la fulgurance, l’instant héroïque et qui ne doit rien à personne; « C’est Chrome ! » disent les WarBoys lorsqu’eux même sont pris dans le vertige d’une situation où ils risquent la mort pour rejoindre le Valhalla, ces mêmes WarBoys qui vont à la guerre et au combat soutenus par les tambours tribaux et les riffs d’un guitar-hero improbable…

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L’une des plus belles scènes du film

Le langage des corps remplace l’absence de langage

Dans une autre scène charnière du début du film, Max affronte Furiosa, l’impératrice chauve et manchotte jouée par une Charlize Theron plus impressionnante que jamais. La tête engoncée dans une muselière métallique, le Globular Max fait alors face à l’impératrice et aux jeunes pondeuses, dont une vient juste de se débarrasser de sa ceinture de chasteté dentée . Le combat qui suit résume toute la virtuosité de la mise en scène de Miller, qui parvient à transformer cette lutte à mains nues en un véritable ballet de corps, jouant habilement du cadre de telle façon que ce combat âpre devienne aussi la première forme de communication entre Max et ce groupe de femmes prêtes à tout. En une séquence, Miller prouve de façon magistrale qu’il est possible de « signifier » par la mise en scène beaucoup plus que ce qui est seulement montré « dans le cadre », y compris et encore plus dans un film où les dialogues sont aussi rares que l’air respirable. Cette finesse de réalisation, ce sens du cadre, mis au profit de scènes d’action pure, décuplent le plaisir visuel ressenti, car pour ainsi dire, ici « les tripes rejoignent le cerveau« .

Au delà de la qualité de sa mise en scène, l’autre surprise de ce Mad Max est un humour au second degré permanent et féroce, qui ridiculise sans aucune pitié le culte de la guerre des WarBoys ainsi que leur virilisme outrancier et stupide (et montre à contrario des femmes qui semblent seules capables de produire un langage et une pensée intelligibles). On notera aussi la modestie des effets numériques, réduits ici à quelques embellissements rajoutés en post-prod. Mad Max est un film réalisé à l’ancienne, avec des vraies voitures customisées pour les besoins du film, et cela a une incidence pour le spectateur qui va bien au delà de quelques considérations sur l’air du « c’était mieux avant… » : les scènes même les plus spectaculaires restent toujours crédibles, jamais massacrées par le point d’un vue d’un Directeur des effets spéciaux en CGI qui part en vrille, « parce que c’est possible de montrer ça« .

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Les perchistes, l’une des nombreuses belles idées du film 

En conclusion : Mad Max est bien le film d’action de l’année

Beaucoup de critiques se sont empressés de voir dans ce Mad Max une vision féministe, une oeuvre écologiste à la profondeur insoupçonnée, jusqu’à parfois sortir les analyses les plus improbables voire les plus idiotes. Le fait est que la finesse de l’oeuvre de Miller, de très loin son meilleur Mad Max à ce jour, n’est pas cachée, sous le sable de son univers post-pétrole, mais réside avant tout dans une approche filmique impeccable d’un cinéma de genre qui peine souvent à dépasser les codes restreins qui le définissent. Mad Max Fury Road n’aligne pas seulement les scènes de poursuites automobiles les plus dantesques jamais vues à l’écran; ce qu’il montre vaut plus que la simple addition de quelques scènes spectaculaires. Le film atteint en fait son propre point d’équilibre, entre trip frénétique et flashs esthétiques, entre une quasi absence de dialogue et des corps devenus langage, entre la furie de ce qui montré à l’écran et la finesse de la mise en scène. Mad Max : Fury Road (et le spectateur avec lui) est comme les WarBoys au bout de leur perche : il oscille entre les extrêmes, jusqu’à l’enivrement…



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5 commentaires pour cet article :

  1. ZeBlackRider

    Excellente critique.

  2. Ce film fait parti des plus grosses merdes vues c’est dernières années.
    Ils profitent de « l’étiquette », MadMax !!!! sans ça, une grosse nullité !!

    • Frederic L.

      Comment Miller pourrait « profiter » de quoi que ce soit ? Il EST le réalisateur des 3 premiers Mad Max… Quant à votre avis sur le film, il aurait été sans doute mieux étayé avec quelques arguments plutôt que les anathèmes habituels que récoltent les films « de genre » même lorsque ceux-ci sont réalisés avec plus de soin et de sens de la mise en scène que les 3/4 des films auteurisants que l’on verra cette année…

  3. Pyrodactyl

    @oyster:
    On a pas du voir le même film.

    Mad MAx Fury Road,respecte et reprends les bases des 3 premiers Mad Max (c’est mon avis)
    Je trouve l’article de Frederic L. plutôt très proche de ce que j’ai vu et ressenti lors du visionnage du dernier Miller.

    Maintenant, tu as le droit de ne pas avoir aimer le film mais, soit malgré tout respectueux du travail réalisé. Ce film est très loin de ce que l’on qualifié de MERDE cinématographique !

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