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Edge of Tomorrow : « Tom Cruise presents… Tom Cruise »

Il y a fort à parier que l’Histoire du Cinéma évoque un jour le genre à part entière qu’est le Tom Cruise movie. Un genre en effet codifié, souvent introduit par un légendaire « Tom Cruise presents… Tom Cruise » mettant évidemment en scène l’acteur vedette dans des situations toujours plus improbable à travers un personnage charismatique, invincible et jouissif. Cependant, le genre a connu une première saturation au début des années 2000 : au-delà de grands films un peu à part comme Minority Report ou encore La Guerre des Mondes surgissaient des productions abominables comme Mission Impossible II ou encore Le Dernier Samouraï, continuellement filmées au ralenti et en contre-plongée sur un Tom Cruise divin. Overdose. Passé les déboires que nous connaissons tous, la carrière de Cruise a su se reprendre en main et proposer des films de qualité, retenons surtout Mission Impossible : Protocole Fantôme. On en veut donc toujours plus.

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Edge of Tomorrow intrigue, c’est une évidence. Le pitch semble tellement improbable que la curiosité s’en retrouve forcée. Cela dit, difficile de ne pas se questionner sur la présence de Doug Liman derrière la caméra, dont il fallait vraisemblablement croire que son seul bon film, La mémoire dans la peau, n’était qu’une erreur de parcours. Cela dit, on reste séduit par l’aspect Tom Cruise movie, car après tout nous parlons d’un film où Tom Cruise meurt tout le temps. La déception d’Oblivion n’étant tout de même jamais loin, on se lance dans le film tout en conservant ses précautions.

N’entretenons pas davantage le suspens : Edge of Tomorrow est un pari réussi. Réussi car, grossièrement, le contrat signé avec le spectateur est rempli. On en ressort satisfait grâce à un blockbuster qui (chose malheureusement rare) se montre sincèrement généreux et finalement plus malin qu’il n’y paraît. Afin que le récit soit fluide et que l’improbabilité de son pitch de départ ne paralyse pas tout le récit, très rapidement l’écriture prend du recul, entre dérision assumée ou discret second degré. Le film tourne ainsi le dos aux superproductions américaines sombrant dans des excès de sérieux totalement idiots (dont des films comme Man of Steel sont évidemment le fer de lance) et se recentre sur une essence plus saine, et surtout plus efficace.

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Difficile évidemment de ne pas évoquer un classique comme Un jour sans fin, auquel Edge of Tomorrow doit probablement sa rigueur de montage et de construction scénaristique. Cependant, il faut bien reconnaître que le pari de combiner un tel concept avec un univers futuriste, et de re-combiner ce tout avec une ambiance Seconde Guerre Mondiale ne manque pas d’ambition. Ainsi, le film se façonne un petit charme singulier qui soulage à l’heure où la majorité des productions orientées vers la science-fiction s’obstinent surtout à développer des univers relativement proprets.

On retrouve donc notre ami Tom Cruise dans la peau d’un simple trouffion du futur, équipé d’un exosquelette, en plein champ de bataille chaotique aux évocations du D-Day. A plus d’une reprise on observera, non sans plaisir, des évocations de Starship Troopers. Le potentiel fun du concept est très rapidement abordé et l’action, à défaut d’être constamment bien filmée (mais nous y reviendrons) demeure généreuse. Sans forcément beaucoup d’originalité, les concepts du film se tiennent visuellement. Autant de paramètres qui vont dans le sens du capital sympathie du film et rendent ainsi l’explication (relativement, il faut l’avouer) abracadabrantesque du « bug temporel » plus acceptable. A partir du moment où l’on se prête au jeu (ce qui est d’autant plus facile avec la prise de recul opérée), Edge of Tomorrow est extrêmement plaisant.

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Le récit, malgré sa prévisibilité, s’enchaîne assez rapidement même si l’on peut blâmer un passage à vide avant le dernier tiers, qui s’efforce de poser des enjeux dramatiques avec une certaine maladresse. Rien qui n’entache excessivement le métrage, cela dit, l’intention d’étoffer ces sympathiques personnages demeure louable. A ce sujet, on pourrait toujours râler contre la conclusion du film, la facilité-même, mais qui à nouveau a le mérite de ne pas être trop malhonnête compte tenu de ce que le même concept aurait pu donner dans les mains d’autres réalisateurs ou scénaristes douteux d’Hollywood.

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Là où un effort est réellement déployé, c’est sur le travail de metteur en scène de Doug Liman. Si l’ensemble demeure relativement impersonnel, le film parvient tout de même à insuffler une vraie ampleur dans les conflits qu’il expose, ou même l’univers en général. Bon point au passage pour la vision d’un Paris ravagé qui prend la peine d’éviter le coup de la 2CV garée devant le « Café de la France », comme on en a malheureusement trop souvent eu l’habitude. Même le parti-pris des combats qui consiste en capter l’action au plus près, pour retranscrire ce sentiment des plages de Normandie, s’avère très correct. On observera tout de même que c’est au détriment de la lisibilité à plus d’une reprise, la 3D combinée au format scope n’aidant pas, de la même manière que quelques abus de trucages numériques pas forcément bien maîtrisés.

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Pourtant, le dispositif fonctionne plutôt bien et on est finalement assez éloigné du brouillon visuel catastrophique qu’est par exemple la réalisation d’un Captain America : Le soldat d’hiver, qui optait lui aussi pour un découpage prononcé et une caméra très mobile. On se surprend ainsi à trouver quelques intentions de mise en scène vraiment sympathiques, comme un plan décrivant des transports aériens quittant les côtes britanniques renvoyant directement à La Bataille d’Angleterre de Guy Hamilton. Le genre d’effort qui ne coûte rien, fait plaisir car alimente le film, et pourtant fait défaut à une majorité de blockbusters.

Dans la continuité du Ethan Hunt de Mission Impossible : Protocole Fantôme, qui mettait à rude épreuve l’invincibilité de son interprète prenant nombre de coups durs, on retrouve un Tom Cruise assez inattendu dans la première partie du film. Derrière un personnage lâche et gauche à plus d’une reprise, on a l’occasion de constater par ailleurs que l’acteur-producteur se donne toujours autant à fond dans ce qu’il fait, d’autant plus ici aux côtés de la sympathique Emily Blunt.

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Difficile de bouder son plaisir devant cette sincère générosité que l’on n’aurait pas forcément soupçonné de la part de Doug Liman. Edge of Tomorrow propose un vrai sentiment de divertissement (tout en n’oubliant pas de faire du Cinéma !) et prend même la peine d’esquisser quelques thématiques intéressantes auxquelles le personnage de Tom Cruise se retrouve confronté. Pas de quoi sauter au plafond, mais à nouveau un moyen agréable d’annihiler la bêtise ambiante du genre.

 

 

Article rédigé par Marc Moquin



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2 commentaires pour cet article :

  1. « des productions abominables comme […] Le Dernier Samouraï » Ok j’ai arrêté de lire a ce moment la…. Comment on peut dire ça sérieux???? Oo –‘

  2. Ah starshop troopers, souvenirs souvenirs ^^

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